I Am Joyful And Sad When I Paint — Je suis joyeux et triste quand je peins

tumblr_nattgxkiVu1qccc2so1_1280

If I can remember:

The impression I get from the hours I spent painting at night, doing the most outdated type of art in the age of turbo inter-relations and hyper communications. I do not feel alienated when I paint, I feel joy, a privilege contact with the real. But sometimes my eyes don’t always work properly, or my hands seem like they are drunk, or maybe it’s the turpentine messing with my head that makes me sad, utterly sad when I paint.

In these moments I could just leave the studio and try to get something to eat and come back fresher. But it is in my nature to stay and embrace, in a kind of perversion, the dull feeling of being an impostor, a fraud, I hurt myself with an illusion: the supposed art world that judges my work and evaluates my taste. This is how I displace the matter from inside out. The problem is not outside of me in this situation, it is my construction of an imaginary art world that hurts me. The real art worlds are multiple, and are articulated around objects, situations and ideas, not a unified group of persons with a State-like authority.

But this has precisely nothing to do with the sadness I feel, after a while the joy comes back by itself, I think Joy has something like a fuel gauge, it needs to be filled up again in order to work properly. I think in retrospect that the sadness I felt was more of an exhausted joy than real grief about my work. Maybe one can get exhausted from being joyful.

——–

Si je peux me souvenir:

L’impression que j’ai quand je passe des heures à peindre la nuit, à faire la forme d’art la plus archaïque qui soit en cette ère des turbos interrelations et de l’hyper communication. je ne me sens pas aliéné quand je peins, je ressens de la Joie, un contact privilégié avec le réel. Mais parfois mes yeux ne fonctionnent pas correctement, ou mes mains semblent comme saoulées, ou peut-être est-ce la térébenthine qui me joue dans le cerveau et qui me rend triste, absolument triste quand je peins.

Dans ces moments je pourrais juste quitter l’atelier et essayer de trouver de quoi manger pour y revenir plus frais. Mais c’est dans ma nature d’y rester et d’embrasser, dans une forme de perversion, le sentiment ennuyant d’être un imposteur, une fraude, ainsi je me blesse avec une illusion: le « monde de l’art » supposé qui juge mon travail et évalue mon goût. C’est ainsi que je déplace le problème de l’intérieur vers l’extérieur. Le problème n’est pas à l’extérieur de moi dans ce cas précis, c’est ma construction d’un imaginaire monde de l’art qui me blesse. Les vrais mondes de l’art (parce que oui, il y en a pleins) sont multiple, et sont orienté autour d’objets, de situations et d’idées, pas autour d’un groupe de personnes avec une autorité du genre étatique.

En fin de compte cela n’a peut-être rien à voir avec mon problème de tristesse que je sens en travaillant, après un moment la joie reviens par elle-même, je pense même que la joie a un genre de niveau critique qui doit être emplit à nouveau pour pouvoir fonctionner correctement. Je pense en rétrospective que la tristesse que je ressens était plus une joie épuisée qu’un réel malheur. Peut-être qu’on peut se fatiguer de la joie.

Email this to someoneShare on Google+Pin on PinterestShare on TumblrTweet about this on TwitterShare on Facebook

2 Comments

  1. Catherine

    Si tu continuais à ce blog après le projet, c’est certain que je le visiterais régulièrement. Tes toiles accompagnent naturellement tes propos, quelque chose (de beau) se passe.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>