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Soupçons d’extase

Le vendredi 19 octobre 2012
PROGRAMMATION FILMS ET VIDÉOS
En codiffusion avec Antitube

LE VENDREDI 19 OCTOBRE À 21 H
758, rue Saint-Joseph Est
Coût : 7 $ – 5 $ (étudiant(e)s avec cartes, membres de Folie/Culture, d’Antitube ou du CQAM)

***Incluant la performance de Jon John The Two of Us à 20 h ***

Les films sont en version originale. Le travail sur le son et l’image constitue l’essence du propos.

Des Soupçons d’extase ? Une manière comme une autre de qualifier une programmation qui va chercher à montrer une évidence qui relève aussi, au cinéma, de la plus haute difficulté. Au fond, l’extase échappe à la représentation, flirte avec l’indicible, l’intangible et ne peut être que subjective. L’extase doit toiser la folie, questionner la normalité des genres, rompre avec l’unicité des corps, mettre un peu de désordre dans le refoulement perceptif généralisé qui fait en sorte qu’il est toujours difficile de vivre et de sentir autrement. En somme, ce programme ne pouvait être que le fruit de l’imagination de cinéastes d’animation ou de cinéastes expérimentaux. Dont acte.

-Guillaume Lafleur, programmateur

Thank you Jesus for the Eternal Present, film d’Owen Land, USA, 1973, 6 min, Beta sp
Thank you Jesus for the Eternal Present joue sur les oppositions entre le bien et le mal, l’intérieur et l’extérieur, la vie matérielle et la vie spirituelle, par le biais de collages. Réalisé par l’un des cinéastes légendaires de la scène underground et expérimentale américaine, il a été récemment le sujet principal d’une rétrospective à la Harvard Film Archive.

Somnia_3, film d’Étienne de Massy, Canada, 2008, 12 min, Blu-ray
Dérive spatiotemporelle : une jeune femme voyage dans divers espaces, et rêve d’un ailleurs. Des lieux comme dans les songes — nébuleuses, étoiles et constellations nouvelles — composent cette cosmographie fictive. Ce film, le troisième de la série Somnia, se présente comme une météorologie de l’imaginaire.

La Différence, film de Rita Kung, Suisse, 1999, 9 min, Beta sp
Un film d’animation où l’héroïne s’abandonne à la rêverie dans un bar, jusqu’au moment où elle réalise que le barman n’est pas celui qu’elle croit. Cette confusion identitaire s’avère salutaire et exaltante. Le rêve prend à la suite le pas sur la réalité.

Mirage, film de Chris Gallagher, Canada, 1983, 7 min, Beta sp
Film jubilatoire, juxtaposant une série d’images disparates jusqu’à créer un mouvement organique où se confondent les représentations de la nature à l’imagerie sensuelle et touristique, allant jusqu’au détournement des publireportages pour les destinations vacances.

Knee for All, film de Hannah Jickling et Kevin Hegge, Canada, 2007, 4 min, Beta sp
Le film aurait pu s’appeler « Éloge du genou » : il s’agit d’une brève fresque représentant les genoux de tout un chacun, soudain élément corporel concourant à la progression du désir. D’une intense ironie tordue.

Goodbye, film de Daniel McIntyre, Canada, 2010, 4 min, Beta sp
En travaillant la mémoire du parfum des corps, McIntyre invente une forme de pastorale filmique artisanale, entièrement filmée et montée au centre de production indépendant Phil Hoffman Independant Imaging Retreat (aussi connu sous le nom de Film Farm) en Ontario.

Nocturno, film de Nioka Sassaki, Canada, 2010, 6 min, Beta sp
Du vide au plein : n’est-ce pas la définition basique d’une mystique de l’extase ? Partant de la représentation banale du quotidien d’une femme, Sassaki fait des images qu’il montre une matière infiniment transformable, jusqu’au sublime.

Unendangered, film de Cameron Groves, Canada, 2006, 4 min, Beta sp
Par la reprise d’éléments issus de l’imagerie du cinéma policier aux accents vaguement licencieux, ce film tourné en Super 8 raconte le condensé d’une histoire absurde dont la cohérence ne tient qu’au respect des conventions tapageuses du genre.

Mayhem, film d’Abigail Child, USA, 1987, 20 min, DVD
Élaborant une narration complexe à partir d’une matière visuelle semblable à celle du précédent film de Groves, Child cherche à critiquer la représentation des genres dans la culture populaire contemporaine. Il n’empêche qu’il s’agit également d’un hommage au Film Noir, au soap opera et aux comic books mexicains.

You be Mother, film de Sarah Pucill, UK, 1990, 7 min, DVD
Film d’animation en stop-motion qui cherche à faire cohabiter l’animé et l’inanimé, le liquide et le solide, dans un espace hallucinatoire témoignant de la brutale rupture entre le corps et l’esprit, défiant toute logique.

Froglight, film de Sarah Abbott, Canada, 1997, 4 min, Beta sp
La magie, au cinéma, est affaire de lumière, au même titre que la mystique. Réflexion brillante sur le processus créateur tel qu’il se déploie par les images en mouvement, ce film cherche à lier un travail abstrait sur l’image et le son à une représentation de l’imagination dans sa forme la plus pure, sensible à ce qui ne peut être vu ni même touché. Mention honorable, Ann Arbour Film Festival, 2000.

Element of Light, film de Richard Reeves, Canada, 2004, 5 min, Beta sp
Voyage de sons et de lumières, ce film, où la peinture est appliquée directement sur la pellicule et qui est agrémenté d’égratignures à même la bande optique, s’invente une représentation picturale du mouvement de la conscience.

The Curse of the Voodoo Child, film de Steven Woloshen, Canada, 2005, 4 min, Digibeta
Par des envolées rock, Woloshen montre, grâce au travail organique propre à son cinéma d’animation, l’alliage de la sexualité à la naissance comme du feu aux empreintes des doigts. Un hommage au souffle inentamable de la vie.

Self-Portrait in Mausoleum, film de Ross Lipman, USA, 2009, 1 min, Digibeta
Film expérimental, montrant réflexions et réfractions, tourné dans le Hollywood Forever Cemetery. Entre ces deux modèles de travail sur l’image, Lipman cherche à capter un mouvement irreprésentable, allant de la vie à la mort.

Programmation sujette à changement sans préavis.